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Écorce Totem

Êtres sensibles, les arbres, timides paraît-il, s’expriment au fil du temps, entre autres par incrémentation selon Francis Hallé. Sur le principe du Rorschach, je photographie puis assemble en miroir un bout d’écorce, ​on y perçoit alors toutes sortes de formes, aux contours graphiques pour certaines, pour d’autres dessinant des figures illusoires très détaillées. Ce que les Grecs appelaient : paréidolies. J’aime l’idée de les considérer comme des extraits de mémoires d’arbres. Et dans ce prolongement m’imaginer que des chamans usant de substances psychotropes, puissent avoir eu ces visions. De l’artifice chimique à l’artifice numérique…

On peut également considérer ou émettre l’hypothèse que l’arbre est potentiellement immortel. Il se pourrait alors que nos forêts contiennent la plus ancienne banque de données et probablement la plus considérable. Avec cette série, je poursuis ma quête de sens. De l’observation de la matière, je cherche une trajectoire me permettant l’amorce d’une cogitation.

Selon Avérroes, il n’y a de pensée valable que dans sa transmission. A considérer que l’on ne pense pas sans image. Quel est le lieu de l’image dans le processus de penser, dans quelle mesure une image aide-t-elle à penser ? L’image comme proposition, comme invitation à l’interrogation.  Et l’interrogation comme  prémisse de la rationalité.