Enough Said...
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Photos à grain

Une image contient des millions d’informations. J’envisage dans mon écriture photographique d’en faire émerger certaines, d’en camoufler d’autres. D’indexer une teinte, une couleur ou un détail en particulier. D’extraire une fragrance d’émotion comme on fabrique un parfum.

C’est aussi un sujet à verbaliser afin d’en définir les contours, les objets, les trajets et la perception qu’on en a. Le sable aujourd’hui disparaît. Trop extrait au nom de la Sainte Croissance. Le sable coule dans le sablier, les plages horaires tournent à en donner la nausée. Les sables mouvants sont bien trop lents.

Du verre au béton, du dentifrice à l’avion le sable est englouti dans nos économies. Traités de faits néants, les plages, à l’aube du prochain siècle n’existeront plus.

Enfant, j’avais entendu dire « il y a autant d’étoiles dans l’Univers que de grains de sable sur Terre ! », que l’univers était si vaste et les étoiles si nombreuses que l’on pouvait essayer d’en imaginer l’étendue en observant la quantité de grains de sable sur Terre. Aussitôt je me précipitai au premier bac à sable de la téci qui m’abritait et j’en pris une poignée. Laissant couler le sable entre mes doigts je songeai aux autres bacs à sable. Puis aux plages. Pour en arriver à l’image du désert qui me donna le tournis et clairement une sensation d’infini.

Cette anecdote symbolique marque encore plus la célérité de notre économie, que la petitesse de nos rêves.